De Nancy à Quimper, pourquoi ça n’a duré que 6 mois

« Tout ça pour ça? » est peut-être la question que l’on peut se poser après avoir entendu ce récit. Et pourtant, fort heureusement, il y a beaucoup de jolies choses à en retenir.

Mais alors, pourquoi être partis?

Et bien, c’était un peu comme si c’était maintenant ou jamais. Je finissais enfin mes études et ça semblait le moment idéal de sauter dans l’inconnu. Si au départ on avait pensé à l’Angleterre et à l’Irlande, on a quelque peu été dissuadés par le Brexit pour l’un et le manque de travail pour l’autre. De plus, j’avais peur de regretter de ne pas exploiter mon nouveau diplôme d’EJE, et mon anglais assez bon mais pas assez parfait à mon goût me faisait peur. Et puis, après une soirée exténués à se demander où on allait vivre, la Bretagne est apparue dans la discussion. Une petite copie de l’Irlande, où l’on parle français et où je pourrais être EJE. Nous sommes donc partis 10 jours dans notre van pour découvrir un maximum de lieux.
Direction Nantes, Vannes, Quimper, Brest, Lorient et leurs campagnes…

Des coups de cœur par ci, des « oh non » par là. Nous avions ciblé Nantes, sans vraiment voir Rennes (quel dommage, nous l’avons visité bien après et quelle jolie ville!). Quimper, c’était trop loin des grandes villes et compliqué pour rejoindre les aéroports. Et puis, les recherches pour les emplois se sont accumulées et les réponses s’avérèrent très minces. En parallèle, j’écrivais un mémoire, remplissais des dossiers, terminais mon stage et commençais à passer des oraux. Tout était bon pour mon stress ! Et puis, soudain, une annonce d’emploi assez particulière. Un entretien d’embauche en visio où j’ai senti des ondes assez négatives. Et puis, une semaine après, verdict: finalement j’étais embauchée, et à Quimper. Et là, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé dans ma tête, mais tous les signaux me disait de ne pas y aller, et nous nous sommes mis à penser que Quimper pourrait être une bonne idée. Tout ça pour quoi? Pour la sécurité, avoir un emploi, même si l’endroit ne nous avait pas sauté aux yeux et si le boulot m’avait refroidi dès l’entretien.

On the road again

La première semaine fut la plus stressante de toutes et depuis longtemps. Imaginez: vous débutez votre nouveau travail une semaine après avoir eu votre diplôme, à 1000km de chez vous, vous n’avez votre appartement que le lendemain et vous devez déménagez toutes vos affaires et surtout, votre petit chat.

Après deux aller-retour, nous étions installés. Enfin. L’appartement était très joli, le plus joli que j’ai eu même. Petit chat n’était pas malheureuse, même si son jardin lui manquait.
Les deux premières semaines, avec 30 heures de sommeil en retard, la tête dans le brouillard, je ne voyais que les bonnes choses et même je l’ai extirpais et les mettais devant mes yeux. Les points négatifs? Non. Aucun. Tout est bien. J’ai pris la bonne décision. Allez hop. On s’installe. Pour de bon.

Tu en es bien sûre Megane?

Un mois après, l’effet vacances s’était dissipé et j’étais face à la réalité. C’était chez moi. C’était mon travail. Et là, tous les aspects négatifs que j’avais refoulé faisaient aussitôt leur apparition. Et bon sang ! Ils étaient nombreux !
Déjà, en travaillant jusqu’à parfois 23h voir plus, se faire des amis était impossible. En plus, ce travail là, et bien il commençait déjà à m’user tellement je puisais dans mes retranchements et n’étais plus en adéquation avec mes valeurs. Ce travail là, j’en parlerai sûrement un jour dans un prochain article tellement j’aurai besoin de déposer tous ces mots sur le papier.
On a bien essayé de trouver des choses à faire pour rencontrer des gens, sauf que, voilà, à Quimper, si on a plus que 16 ans et moins de 60, les activités se font minces. C’est simple, le seul club de lecture et celui d’écriture de la ville étaient réservés aux retraités. Merci. A dans 30 ans les gens!
Donc oui, le manque de gens, de nouvelles rencontres, d’échanges, tout ça nous a pesé. Alors, on est revenus sur l’idée de base: l’Angleterre. Sauf que, voilà, merci Boris. J’ai besoin d’un visa. Ca aussi sera un autre sujet d’article…

Que du négatif, alors?

Et bien non ! Déjà, c’était mon premier élan d’aventures. Je quittais enfin ma région où j’avais vécu pendant 29 ans. Il était temps ! Que de fierté ressentie, de la peur aussi mais chaque fois vite remplacée par de l’excitation sur ce qui m’attendait. Alors même si ça n’a duré que 6 mois, c’était ma première « expatriation« .

Ensuite, on a plutôt bien rentabilisé notre temps libre. L’activité freelance de Monsieur et mes semaines de 4 jours, nous ont offert la liberté de parcourir toute la région et plus encore. Du Golfe du Morbihan à la Côte de Granit Rose en passant par toutes les plages des côtes, nous avons vagabondé de ville en ville chaque week-end dans notre petit van aménagé. Quelle liberté ! Une bouffée d’air frais entre chaque semaine de travail, la boule au ventre.

Et si c’était à refaire?

Bon, je ne vous cache pas que déménager deux fois en six mois, ca fatigue et surtout, ça coûte !
Mais aucun regret d’être partie la première fois pour changer d’air, d’horizon, d’expériences. C’est ce qu’il me fallait depuis longtemps. Et puis, c’est aussi en partant en Bretagne avec en tête cette envie de « m’installer » au plus vite que j’ai réalisé à quel point cette idée fixe venait de la petite fille qui avait grandi en HLM et qui avait besoin d’être en « sécurité« . J’ai appris à… hum comment dire? Pas m’en foutre non plus, mais me soucier un peu moins de ce qu’il se passera dans dix ans. J’ai envie maintenant de penser à demain, mais surtout à aujourd’hui.

De plus, à force de déménager autant en si peu de temps, j’ai appris à reconnaître l’essentiel. De moins en moins matérialiste, je sais maintenant qu’un simple sac à dos, mon ordinateur et un carnet me suffisent. Nous avons toutefois un espace dans un garage avec nos cartons et quelques meubles, mais la plupart sont des choses sentimentales et voilà, je ne peux décidément pas m’en séparer. Ce mode de vie, toujours sur le départ et nulle part où s’installer durablement m’a fait ouvrir les yeux sur l’évidence de ce qui me rendait heureuse et de ce qui parasitait mes pensées. Alors oui, finalement, cette Bretagne a eu du bon.

Pour le moment, mes « valises » sont posées en Angleterre et je ne peux pas affirmer pour combien de temps. Je ne veux plus me précipiter comme nous l’avons fait l’année dernière, je souhaite prendre le temps d’accueillir les opportunités. Seul le temps nous le dira. Et je me réjouie des surprises que la vie me réserve.

Kenavo Breizh !

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