30 ans, sans emploi et sans toit

30 ans, sans emploi et sans toit

Le titre ne fait pas vraiment rêver, et pourtant…
J’avoue, il y a quelques années, si on m’avait dit que je fêterais mes 30 ans sans emploi et surtout sans avoir de « chez-moi », j’aurais ri, j’aurais paniqué et j’aurais consulté mon manuel « Comment avoir le mode de vie que les autres attendent de vous en 48 étapes« , vous savez ce modèle que l’on devrait tous à peu près suivre.

Je suis passée par quelques moments de doutes, d’angoisses à l’idée de ne pas avoir ces choses que l’on est pourtant tous « supposés » avoir. Et puis, en sondant un peu plus le fond de mon anxiété, j’ai réalisé que ce qui me faisait peur était le regard et l’opinion des autres. Malheureusement, travail et maison rime souvent avec réussite pour l’opinion publique et n’avoir ni l’un ni l’autre est donc synonyme d’échec. Rajoutons en plus la case bébé non cochée à 30 ans, ouille, vous aussi voyez les grimaces des gens?

Alors j’ai fait ce que j’ai rarement fait par le passé: je me suis demandée ce que je voulais, ce que je voulais vraiment. J’ai vite eu l’image d’une petite maison avec des enfants et un chien (en plus de mon chéri bien sûr). Mais quelque chose sonnait faux. Je ne voyais pas ça pour demain, mais un jour, oui, quand même. Et précipiter les choses me donnait la boule au ventre. Un peu comme si, en allant vite et en cochant vite les cases, ouf, ça y est, on était arrivés à la plénitude et que l’on était comblés. Sauf que, voilà, là tout de suite, j’ai plutôt envie de faire des trucs un peu fous, que je n’ai jamais fait et dont je serai fière de raconter un jour. Pour l’instant, j’ai peu vécu des moments de ce genre et ce sont eux qui me manquent le plus. « Mais dis donc, tu faisais pas un article il y a deux ans sur l’envie d’avoir plein de gens autour d’une table?« . Et bien oui, bien sûr que oui, mais voilà la table je l’ai (stockée dans un garage entre le carton de vinyles et le carton de livres) et les gens aussi, alors techniquement, j’ai déjà tout.

Etre fière de moi

Voilà quelque chose qui m’a infiniment manqué, et cela pendant des années. Etre fière de moi. Alors oui, je l’ai sûrement été, un peu, mais jamais comme je commence à l’être aujourd’hui.
Déjà, j’ai enfin pris la décision de quitter la France. Après un rapide détour par la Bretagne, j’ai vite compris que ce n’était pas ce que je voulais. La France, mon pays, n’a jamais été celui de mon cœur. Pour tellement de raisons, je me suis toujours sentie en décalage avec le monde autour de moi. De la cuisine, à la politique en passant par le système éducatif, arf, je n’étais que rarement d’accord. Oui, je vous entends déjà dire « L’herbe est-elle toujours plus verte ailleurs?« . Et bien non, loin de là. Pour le moment, je suis en Angleterre, j’y trouve largement mon compte, même si le Brexit m’enquiquine un peu je ne vous le cache pas. Rien n’est parfait. Il faut trouver le bon équilibre, celui que je cherche encore. Je sais de source sûre que je préfère essayer même si je dois vadrouiller dans chaque pays de ce monde, plutôt que rester au même endroit et rêver à ce que j’ai toujours imaginé depuis mes 12 ans. Le regret, c’est terminé.

Et puis, depuis deux ans, après une première session de slam à Nancy, je lisais mes textes à voix haute. Moi. Devant des dizaines et des dizaines d’inconnus. J’ouvrais mon carnet et me jetais du haut d’une falaise. Bon sang. Un souvenir gravé à jamais. Une libération. Non plutôt, une affirmation. J’étais moi-même.
Depuis, les études et les déménagements ont quelque peu malmené ma plume, mais elle est bien toujours là et me démange de plus en plus. Maintenant, lorsque je n’écris pas, j’y pense. Tout le temps. J’ai enfin pris la décision de mettre mon premier roman sur pause. Des semaines d’écriture à Quimper, beaucoup de plaisir, et puis stop. J’étais arrivée à un point où la passion n’y était plus. Il faut dire que j’étais dessus depuis plus de 6 ans. De plus, je commençais à être envahie de pensées, d’idées nouvelles que je refreinais pour me concentrer sur le premier projet. Alors après plusieurs tentatives devant mon écran, j’ai dit stop. Et au moment où j’ai prononcé ces mots, les idées d’un nouveau projet ont enfoncé la porte de mon esprit. Je reprenais le goût à ce que j’écrivais, je retrouvais ma passion et j’entrevoyais à nouveau ce que serait ce projet à la ligne d’arrivée. Encore une fois, je pense que je m’étais prise en piège d’avoir voulu arriver au bout car j’avais réussi à affirmer ce premier projet et ne pas aller au bout était synonyme d’échec et de temps perdu d’un point de vue extérieur. Aujourd’hui, je peux le dire: je m’en fous. Et même si j’arrête en cours de route le deuxième roman pour un troisième: je m’en fous. Mon temps libre est le mien. Mon activité est la mienne. Et bon sang, ce que j’aime ça ! Si je pouvais ne faire qu’une seule chose, ce serait écrire. Inventer des mondes, raconter la vie de personnes incroyables, rire à ce que j’écris, pleurer aussi, et éprouver de la tendresse pour des personnages qui n’existent que dans mon esprit. C’est juste incroyable.

Du coup, on fait quoi?

Et bien, pour le moment, on se laisse le temps de s’écouter, de savoir ce que l’on veut, pour la prochaine année, pour les 5 ans à venir, après, on aura le temps de réajuster. Oui, car le temps on va se l’offrir. On reste ouverts à tout ce que la vie met sur notre route et à tout ce que l’on peut nous aussi mettre sur notre parcours. Notre temps sur cette Terre est limitée. Je veux pouvoir réfléchir à ce que je compte faire de cette vie, et ne pas regretter des expériences incroyables.

Joyeux anniversaire, moi.

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