Un peu de moi

Et tout commença par un bisou à la confiture

Avez-vous déjà fait la liste des « choses » à prendre sous le bras en cas d’incendie chez vous? En ce qui me concerne, je ne suis pas sûre de m’en sortir indemne ! Après mon chat, mon chéri, et mon ordi (romans en cours obligent), je pense réussir à empiler quelques albums de photos. Mais voilà, je sais que je ne pourrai sortir qu’une fois mes plus beaux trésors en sécurité. J’ai nommé: mes livres dédicacés. Sauf que: lesquels privilégier en dépit des autres? « Tout ça, c’est la faute de Jacques Prévert! ».

Jacques Prévert
Pas le poète, non, je parle de l’école Jacques Prévert de Dombasle-sur-Meurthe. Mes meilleurs souvenirs d’école ont pris existence au sein de ses murs. Pas au collège, encore moins au lycée.
Si la maison de mes grands-parents était ma deuxième maison, alors cette école était la troisième. Petite explication: ma maman y travaillait en tant de femme de service donc il est vrai que j’avais plus d’opportunités à errer dans ses couloirs que les autres enfants. Si mon grand-père venait régulièrement me chercher après l’école pour le rituel du goûter, des devoirs et du dîner à 19h tapante devant le Bigdil, je restais aussi très souvent le soir avec ma mère qui finissait le travail à 21h. Que peut donc faire une petite fille jusqu’à 21h dans une école? N’était-ce pas trop long? Bien au contraire, je vivais ma meilleure vie à jouer à la maîtresse sur le tableau, danser dans le préau et saluer à la fin de ma prestation, ramasser des pommes de pin dans la cour derrière le bâtiment, et passer du temps avec ma mère bien qu’elle soit occupée. Mais surtout, j’y ai découvert un endroit que je n’aurais bientôt plus envie de quitter: la bibliothèque.

La petite bibliothèque de Jacques Prévert
Je suis arrivée au CP avec une petite particularité: je savais déjà lire. J’avais passé l’été d’avant à harceler ma mère sur chaque prononciation, chaque syllabe nouvelle que je voyais. Elle me lisait souvent des histoires, mais ce n’était plus assez, je voulais être capable de dévorer page après page moi-même. Et puis, j’ai rencontré cette bibliothèque.
Cette pièce était divisée en plusieurs parties. Une partie canapés pour lire (ou sauter dessus lorsque les dos étaient tournés). Des bacs remplis de livres à n’en plus finir. Des étagères le long de la pièce garnies d’albums rangés par catégorie. Et une petite table et des chaises de l’autre côté des canapés. C’était sur cette table que je faisais mes devoirs et inventais les prochains exercices à donner à mes élèves imaginaires. Etre fille unique, ça pousse à développer l’imagination !

Origine du drame: printemps 1999
Tous les ans, mon école primaire organisait: la Fête du livre. Une sorte de « Livre sur la place« … mais dans le préau d’une petite école primaire. Auteurs et illustrateurs se réunissaient entre ses murs. Les parents étaient bien-sûr conviés. Des animations étaient organisées, des concours… Tout ça, même à 7 ans, je connaissais. Mais j’étais sur le point de découvrir un petit quelque chose en plus: la dédicace. Ce court moment de tête à tête avec l’auteur et/ou l’illustrateur qui transforme le livre entre nos mains en un objet unique et personnel. Lorsqu’un auteur écrit un livre, il le fait pour lui et les lecteurs. Mais ainsi, du haut de mes 6 ans, c’était comme s’il l’avait écrit rien que pour moi.

Ma première rencontre fut avec Péhel alors que j’avais 7 ans:

Il y eut aussi Rémi Malingrëy pour Martin et le Graoully, puis Francis Capelli pour le cadavre du grand plongeoir :

Je me suis alors dit que s’ils pouvaient le faire, moi aussi. Je me mis à écrire, écrire tout ce qui me passait par la tête: des poèmes, des nouvelles, des idées inachevées…
22 ans plus tard, ces livres sont toujours dans ma bibliothèque et lorsque mes yeux se posent sur la couverture, je me souviens avec tendresse les jolis mots qui me sont adressés à l’intérieur.

De dédicace en dédicace
J’ai pu, depuis, découvrir davantage de séances de dédicaces, notamment lors de mon … appelons-le ainsi: mon pèlerinage aux Imaginales d’Epinal, un festival du fantastique. Bon nombres de livres sont venus rejoindre mes étagères depuis que je vais à ce festival. Il y a également le salon du livre de Colmar où j’ai pris l’habitude de combiner plaisir du livre et plaisir du marché de Noël chaque dernier week-end de novembre. C’est d’ailleurs lors de ce salon que j’ai pu rencontrer la brillante Melissa Bellevigne, auteur de trois romans, et maman de 4 super garçons, expatriée en Angleterre avec son adorable mari. Je prenais beaucoup de plaisir à lire ses articles, lorsqu’un jour, elle annonça la sortie de son livre. Cette annonce fut un électrochoc. Je me suis soudain demandé « Mais du coup, pourquoi pas moi? Pourquoi j’écris depuis aussi longtemps et n’ai jamais pris le temps d’achever ce que j’avais commencé? Pourquoi personne n’est au courant? ». J’ai alors pris mon ordinateur et commencé ce roman sur lequel je travaille encore, mais qui avance et me rend si fière. Quelques années plus tard, j’allais avouer au monde, mais surtout à moi, qui j’étais et ce qui animait ma vie: l’écriture. Ce jour, je ne l’oublierai jamais non plus, mais il est réservé pour un prochain article. Un peu de patience…

Et si … ?
Alors, oui, peut-être que si ma maman n’avait pas travaillé dans cette école, si je n’avais pas errer dans ses lieux et vécu des heures et des heures dans cette bibliothèque, si je n’avais pas eu ma première dédicace de Péhel, si je n’avais jamais lu le blog de Melissa, peut-être que ce blog n’existerait pas, peut-être que mon roman serait toujours dans un coin de ma tête, peut-être que je n’aurais jamais lu mes textes en public lors des soirées Slam et n’aurait jamais rencontré ces personnes incroyables qui cultivent mon quotidien.

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A toute les personnes qui ont permis que tout cela arrive, un immense merci:

  • Ma maman
  • Mme Delépée, directrice de mon école primaire et super maîtresse de CM2
  • Mme Jacquot, ma maîtresse qui a nourri mon imagination grâce à Mika
  • Tania, qui a permis que ces Fêtes du Livre soient si géniales
  • Péhel et ma première dédicace de L’album des Bisous
  • Franck Capelli pour Le cadavre du grand plongeoir
  • Rémi Malingrëy pour Martin et le Graoully
  • Melissa Bellevigne (alias GoldenWendy)
  • Le Kwafe Slam de Nancy
  • Les Imaginales d’Epinal et tous ses auteurs incroyables
  • Mes fans préférés qui sont venus m’applaudir aux soirées de lecture



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