Around the world·irlande

D’où l’on vient

Il paraît que cela importe ce « d’où tu viens?« . Comme si la réponse donnait une indication précise sur la personne qui répond. Comme si venir d’un endroit nous définissait. Je dirais plutôt que l’endroit que notre cœur choisit devient l’endroit qui compte le plus.

Pour ma part, j’ai choisi où j’allais habiter « plus tard » depuis l’âge de 12 ans. Je mets « plus tard » entre parenthèses car, et bien, cet endroit reste dans mon cœur mais je n’ai toujours pas quitté ma région de naissance. Pourquoi ? La peur ? Le manque d’opportunités ? Même pas ! Je sais juste que le moment n’est pas encore venu, que j’ai encore à faire ici, pour que le prochain voyage n’ait pas de retour.

Je ne me souviens plus exactement du commencement de cette obsession pour ce pays. Je sais juste qu’elle a continué et ne m’a jamais quitté. D’abord dans les livres, puis au cinéma, je découvrais les richesses de ces paysages, je rêvais de marcher dans les prairies et sentir le parfum des petites fleurs violettes.

Puis, lorsque j’avais 21 ans, j’ai sauté dans un avion et je suis allée vérifier si le fantasme ne dépassait pas un peu trop la réalité. A peine sortie de l’aéroport, j’ai senti quelque chose que je n’avais connu que dans la vieille maison de mes grands-parents: je me sentais à la maison. Je n’y connaissais personne, ni les directions, tout était nouveau. Enfin, l’était-il vraiment? Plus j’avançais, plus mon inconscient prenait le dessus. Vous savez comme lorsque l’on rentre chez soi en voiture et qu’en un instant on se retrouve devant la porte sans même se souvenir du trajet. 10 jours plus tard, je rentrais à la maison, où plutôt je la quittais. Le retour en France fut un choc immense, on m’avait arraché à l’endroit qui me rendait la plus heureuse.

Les années passèrent et cet amour grandit, les projections s’affinèrent. Inconsciemment, je ne m’installais pas, cumulant les relations perdues d’avance et les orientations professionnelles hasardeuses. Nous voilà l’année de mes 27 ans. Une valise à chaque main, mon billet d’avion en main, j’allais une fois de plus faire un coucou rapide à la maison de mon cœur, et cette fois, seule. Le plus beau voyage de toute ma vie. Je n’avais pas peur, j’étais chez moi. Marchant des heures et des heures dans ses vallées, mes poumons s’emplissaient d’air, tandis que marchant sur les plages, mes yeux s’emplissaient de merveilles.

Le retour fut une fois de plus tragique. Mais rapidement l’espoir prit le dessus sur la nostalgie et les regrets. Etre où je suis actuellement n’est pas une fatalité, et j’avais toutes les cartes en main pour changer mon chemin.

Prépare-toi Irlande, un jour, je reviendrai.

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