Slam/poésie·Writing

22.01.2010

C’était un vendredi de janvier,

Je voyais encore le monde autrement.

Un endroit que j’idéalisais,

Sur le point de vivre un changement.

Mon tord fut de m’asseoir à la mauvaise place,

Dans ce bus où les regards se croisent à peine.

Te laisser voler mon sac, ne pas être tenace ?

Te laisser faire pour ne pas attiser ta haine ?

J’ai resisté, je t’ai dénoncé,

Cherchant un soutien dans l’assemblée.

Réalisant que j’étais seule et désarmée,

Descendre du bus était le choix le plus censé.

M’éloignant en ayant déjà tourné la page,

Je ne vis pas le premier coup arrivé.

Sous tes coups et leurs ravages,

Je ne pouvais bouger, j’étais sonnée.

Je ne sentis pas tout de suite la douleur,

Comme si je n’étais plus dans mon corps.

Alors, c’est donc cela la peur,

Qui te fait voir de près la mort ?

Ca n’a duré que quelques secondes,

Mais pour moi, une éternité.

J’apprends que c’est la routine dans ce monde,

Prendre le bus et se faire agresser.

Plus un bruit, le monde s’arrête,

Je tente de regarder autour de moi.

C’est arrivé, je n’étais pas prête,

Le monde n’est pas ce que je crois.

Je me relève alors sans attendre,

Et me redresse très lentement.

Personne n’a du m’entendre,

Il ne saurait en être autrement.

La première chose que je ressens : la honte,

Après tout, je n’ai pas été assez forte

Je n’y crois pas, il faut que je le raconte,

Pour ne pas laisser cela derrière une porte.

Ma tête est lourde et douloureuse,

Je tente de rassembler mes esprits.

J’ai toujours mon sac, j’en suis heureuse,

Ce fichu sac qui m’amène là où j’en suis.

Je reste figée sur le trottoir,

En face, les gens continuent de marcher.

Ils me regardent sans me voir,

Comme si rien ne s’était passé.

Ils étaient là depuis le début,

Apeurés ou insensibles, ils n’ont pas bougé.

Moi qui pensait qu’ils n’avaient rien vu,

Je n’étais pas seule tout compte fait.

Avec la honte, vint s’ajouter la tristesse,

Un sentiment de sollitude me percuta.

Etre la demoiselle en détresse,

Pour moi, c’était la première fois.

Pas un geste, ni même un mot,

Prendre parti, voyons, c’est tabou.

Il ne faut quand même pas en faire trop,

De l’aide, pourquoi faire ? Elle tient debout !

Je rassemble vite toutes mes affaires,

Pressée de partir, ne plus y penser.

A presque 18 ans, je cours retrouver ma mère,

Car non, ce n’est pas la norme, se faire agresser.

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